Le sport pour éliminer l’alcool : mythe ou réalité ?
Après une soirée un peu trop arrosée, l’idée peut sembler séduisante : aller courir, faire une séance de vélo ou transpirer à la salle pour « éliminer » l’alcool plus rapidement.
Mais est-ce réellement efficace ? Le sport permet-il d’éliminer l’alcool plus vite ?
Pour le comprendre, il faut d’abord regarder comment notre organisme élimine réellement l’alcool.
Que devient l’alcool après avoir été consommé ?
Après avoir été consommé, l’alcool passe rapidement dans le sang et se diffuse dans l’organisme. Son élimination repose principalement sur le foie.
Selon l’Assurance Maladie, environ 95 % de l’alcool est éliminé par le foie. Une petite partie seulement est évacuée par les reins, la peau, la salive et les poumons.
Cela signifie que, contrairement à une idée reçue, faire davantage travailler son corps ne permet pas de faire travailler son foie plus rapidement.
Le temps reste donc le principal facteur permettant à l’organisme d’éliminer l’alcool.
Transpirer permet-il d’éliminer l’alcool ?
C’est probablement l’une des croyances les plus répandues.
Après une séance de running ou un entraînement intense, on transpire, on accélère son rythme cardiaque et on peut avoir l’impression que son corps « évacue » ce qui reste de la soirée précédente.
Pourtant, la quantité d’alcool éliminée par la transpiration reste très faible. La grande majorité est prise en charge par le foie.
Transpirer davantage ne signifie donc pas éliminer davantage d’alcool.
La sensation de se sentir mieux après avoir bougé ne doit pas non plus être confondue avec une disparition de l’alcool dans le sang.
Pratiquer du sport après avoir bu : une fausse bonne idée ?
Au-delà de l’inefficacité pour éliminer l’alcool, faire du sport alors que l’on a encore de l’alcool dans le sang n’est pas forcément une bonne idée.
L’alcool agit notamment sur les réflexes, la vigilance et les capacités de jugement. Ces effets peuvent augmenter les risques lors de la pratique d’une activité sportive, notamment lorsque celle-ci implique de la vitesse, de l’équilibre ou un environnement extérieur. L’Assurance Maladie recommande d’ailleurs d’éviter la consommation d’alcool lors de la pratique sportive en raison notamment du risque de chute et de blessure.
Autrement dit, aller courir pour essayer de « faire passer » une soirée alcoolisée n’est pas une stratégie de récupération.
Et si l’on boit beaucoup d’eau après avoir consommé de l’alcool ?
L’eau est évidemment importante pour rester correctement hydraté, particulièrement après une activité physique. Mais elle ne permet pas non plus d’accélérer l’élimination de l’alcool.
Boire de l’eau peut contribuer à corriger une déshydratation, mais cela ne fait pas disparaître l’alcool plus rapidement. L’Assurance Maladie rappelle ainsi que ni l’eau, ni le café, ni d’autres « astuces » ne permettent de réduire la durée d’élimination de l’alcool.
Alcool et récupération sportive : que faut-il retenir ?
Faire du sport après une soirée alcoolisée ne permet pas de « remettre les compteurs à zéro ». Une séance peut procurer une sensation de bien-être, mais elle ne change pas la vitesse à laquelle l’organisme traite l’alcool.
Après avoir consommé de l’alcool, le plus important reste donc de laisser son corps récupérer. Repos, hydratation et reprise progressive de l’activité physique sont plus adaptés que chercher à compenser les excès par un entraînement intense.
Alors, peut-on éliminer l’alcool en pratiquant du sport ?
La réponse est non.
Courir ou transpirer davantage ne permet pas d’accélérer significativement l’élimination de l’alcool. Celle-ci dépend principalement du travail du foie et nécessite du temps.
Le sport peut parfaitement trouver sa place dans un mode de vie équilibré, mais il ne doit pas être considéré comme un moyen d’annuler les effets de l’alcool.