Sport et consommation d’alcool : notre rapport change-t-il avec l’âge ?

Notre rapport à l’alcool n’est pas forcément le même tout au long de la vie. Les occasions de consommation, les quantités et la fréquence peuvent évoluer avec l’âge, mais aussi avec notre mode de vie.

Le sport peut-il également jouer un rôle dans cette évolution ? Est-on moins attiré par l’alcool lorsqu’on pratique régulièrement une activité physique ? Ou le sport et l’alcool continuent-ils simplement de cohabiter ?

Pour répondre à ces questions, il faut regarder ce que montrent réellement les données.

L’âge change-t-il notre manière de boire ?

On ne boit pas forcément de la même manière à 20, 40 ou 60 ans. Avec le temps, nos habitudes peuvent évoluer, tout comme les occasions de boire, la fréquence ou encore les quantités consommées.

Mais ces différences sont-elles réellement liées à l’âge ? Et la pratique régulière d’un sport peut-elle, elle aussi, changer notre rapport à l’alcool ?

Les données disponibles montrent des différences intéressantes entre les générations. Les plus jeunes ont tendance à boire moins souvent, mais les consommations peuvent être plus importantes lorsqu’elles ont lieu. Avec l’âge, l’alcool est généralement consommé plus régulièrement, mais en plus petites quantités.

Les données de Santé publique France vont dans ce sens. En 2021, les 18-24 ans déclaraient en moyenne 64,3 jours de consommation d’alcool dans l’année, contre 123,7 jours chez les 65-75 ans. En revanche, les épisodes de consommation importante étaient beaucoup plus fréquents chez les jeunes adultes.

Ces chiffres montrent donc que notre rapport à l’alcool peut évoluer au fil de la vie, aussi bien dans la fréquence que dans la manière de consommer.

Et le sport, peut-il changer notre rapport à l’alcool ?

On pourrait penser que pratiquer régulièrement un sport conduit naturellement à moins boire. Lorsqu’on accorde de l’importance à son entraînement, à son sommeil ou à sa récupération, l’alcool peut en effet sembler moins compatible avec ses objectifs.

Pourtant, le lien entre pratique sportive et consommation d’alcool est loin d’être aussi simple. Le type de sport, le niveau de pratique, l’âge ou encore l’environnement social peuvent influencer les habitudes. Dans certains sports collectifs, par exemple, l’alcool peut rester associé aux moments de convivialité et aux célébrations.

À l’inverse, certaines personnes très investies dans leur pratique vont chercher à limiter ce qui pourrait nuire à leurs performances ou à leur récupération. Mais là encore, être sportif ne signifie pas automatiquement boire moins.

Un cas particulier permet d’aller encore plus loin dans la réflexion : celui de la bigorexie, qui désigne une relation excessive à l’activité physique, parfois décrite comme une addiction au sport. Elle peut notamment se traduire par une place très importante accordée à l’entraînement et à la recherche de performance.

Certaines recherches ont observé une association entre pratique sportive intensive, comportements addictifs et consommation d’alcool, mais cela ne signifie pas que les personnes souffrant de bigorexie consomment systématiquement davantage d’alcool. Le lien est plus complexe et dépend de nombreux facteurs.

Le sport peut donc influencer notre rapport à l’alcool, mais il ne le détermine pas à lui seul. Pour certains, il encourage une consommation plus réfléchie ; pour d’autres, il reste associé à des moments de convivialité. L’essentiel est de comprendre que ces deux pratiques peuvent parfois coexister, même lorsque l’une semble, au premier abord, incompatible avec l’autre.

Une attention grandissante portée à notre mode de vie

Au-delà de l’âge ou de la pratique sportive, une tendance plus générale semble se dessiner : nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à l’impact de nos habitudes sur notre santé et notre bien-être.

Sommeil, alimentation, activité physique, récupération, gestion du stress… Ces sujets prennent une place importante dans nos préoccupations quotidiennes. L’alcool entre naturellement dans cette réflexion. Pour certains, cela passe par une réduction des quantités, pour d’autres par le choix de certaines occasions ou simplement par l’envie d’alterner avec des boissons sans alcool.

Il ne s’agit pas forcément de tout arrêter, mais davantage de faire des choix en fonction de ses envies, de son mode de vie et du moment.

Finalement, notre rapport à l’alcool n’est peut-être plus seulement une question de « boire ou ne pas boire », mais aussi de choisir ce qui nous correspond, selon les moments et les situations.